DEFI
3 diabétiques au " Frauenlauf " !

Ah, s'il y avait une catégorie " diabétiques ", nous serions toutes les 3 sur le podium ! Ainsi rêvions-nous à la remise des prix à S-chanf sous un soleil radieux.
Mais l'important pour nous était de participer (si, si !) et cette matinée de course était une grande réussite du point de vue de l'organisation, de l'ambiance, de la météo.

Le 4 mars 2001, cette course de ski de fond féminine de 17 km en Engadine se courait pour la 2ème fois. Elle mérite d'être mieux connue en Suisse romande ; pour l'instant, une poignée de participantes seulement venait des cantons francophones. C'est vrai que le voyage est long jusqu'en Engadine, mais le paysage est si beau, les pistes de fond si bien tracées et la langue romanche si jolie (" allegra " = salut) qu'il n'y a pas à hésiter. Cet hiver, l'enneigement était important et le soleil de mars déjà chaud.

Venues de 3 coins différents de Suisse (St Gall, le Jura, Fribourg/Vaud), Susi, Ludmilla, Petra et moi nous retrouvons le samedi soir à Samedan, un très beau village situé dans le 4ème coin du pays. Nous participons à la cérémonie d'accueil avec fanfare et sangria, puis nous nous asseyons à la table d'un restaurant pour la pasta-party. A la veille d'une compétition, ce repas convient parfaitement aux diabétiques comme à toutes les sportives présentes. Notre groupe se compose de quatre dames, trois diabétiques insulino-dépendantes dont une traitée par pompe et une médecin, accompagnées de deux messieurs. Mais attention, ces derniers seront interdits de piste demain !

Au départ à 10 h, l'affluence est considérable : 800 participantes environ. Il neige un petit peu, plus tard le ciel se découvrira et vers midi, le soleil se fera éclatant.
Un dernier contrôle de glycémie, un verre de Rivella pour ne pas être trop bas au départ, et c'est parti ! Le parcours est d'abord bien plat, le long du terrain d'aviation de Samedan, puis il traverse un charmant paysage d'eau et de forêt au bord de l'ancien cours de l'Inn. Il passe ensuite en plein village de Chamues-ch. Etant peu entraînée, j'avance gentiment en queue de peloton et j'ai le temps de faire un brin de causette avec d'autres concurrentes, dont certaines affichent une forme remarquable à plus de 70 ans ! Une de mes copines a raté son fartage et progresse moins vite que prévu. Les deux autres, plus sportives, sont loin en avant. Après Zuoz (poste de ravitaillement bienvenu), la piste n'en finit plus de monter, un palier après l'autre.

Frauenlauf

C'est les hauteurs dites " du Golan ". J'ai une pensée pour les marathoniens de dimanche prochain qui auront déjà 40 km dans les jambes en abordant cette montée! Enfin, c'est l'arrivée sous les applaudissements d'un public bon enfant, la douche, un contrôle de glycémie et un bon risotto offert par un des sponsors. Alors que la grande championne du jour, une jeune athlète de Poschiavo, a terminé en 39 minutes, les deux premières de notre groupe ont bouclé les 17 km en une bonne heure et les autres en deux heures environ. Mais déjà nous devons nous séparer, les unes rentrant chez elles en voiture pour reprendre le travail lundi, les autres, plus chanceuses, remontant à Samedan ou à Silvaplana par le petit train rouge pour prolonger leurs vacances aux Grisons.
Le traitement " spécial effort physique " se poursuivra ce soir par une diminution de la dose d'insuline et une nourriture abondante, selon notre faim. Pour moi qui participais à une course pour la première fois, et pour mes amies plus entraînées, tout s'est bien passé et nos valeurs de glycémie étaient aussi bonnes après qu'avant. Cette nuit, nous allons sûrement rêver à une prochaine course où nous pourrons à nouveau oublier notre diabète en goûtant pleinement au plaisir de la glisse.

Anne-Lise Rigo, Leysin ( Paraîtra dans Défi et le D-Journal)
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